Laszlo Nemes filme juin 1943 et l’arrestation de Jean Moulin à Lyon

Le film de Laszlo Nemes se concentre sur juin 1943 et l’interrogatoire de Jean Moulin par Klaus Barbie à Lyon. Gilles Lellouche le juge dur et éprouvant.

Léo Santini Par Léo Santini
3 min de lecture
Laszlo Nemes filme juin 1943 et l’arrestation de Jean Moulin à Lyon
Une salle de cinéma plongée dans l’obscurité, éclairée par le faisceau lumineux d’un projecteur.

En bref

  • Moulin sort en salles le mercredi 28 octobre 2026.
  • Le récit porte sur juin 1943 et l’affrontement entre Jean Moulin et Klaus Barbie.
  • Gilles Lellouche retrouve la caméra deux ans après L’amour ouf.
  • Une nomination aux César est évoquée par AlloCiné comme une possibilité.

Le cinéaste hongrois Laszlo Nemes a réalisé Moulin, qui arrive dans les salles le mercredi 28 octobre 2026. Gilles Lellouche y tient le rôle de Jean Moulin, d’après un scénario d’Olivier Demangel. Le long métrage a concouru en compétition à Cannes, où l’acteur figurait parmi les prétendants à un prix d’interprétation, rapporte AlloCiné.

Juin 1943, un face-à-face avec Klaus Barbie

L’histoire s’ouvre en juin 1943. Jean Moulin, chef de la Résistance, est arrêté alors qu’il s’efforce de réunir à nouveau les forces de l’Armée Secrète. Klaus Barbie, qui dirige la Gestapo de Lyon, l’interroge, et cet affrontement forme le centre du récit.

L’interprète qualifie le film en ces termes : « C’est un film dur, éprouvant. » Il s’agit de son avis d’acteur, et non d’une vérification historique. Le choix d’un cadre temporel aussi étroit place donc l’arrestation et l’interrogatoire au premier plan, plutôt qu’un parcours de vie complet.

Gilles Lellouche précise, au micro de Grand Ecran, ce que l’équipe a cherché à raconter : une période très précise, assez brève dans les livres d’histoire. Selon lui, le film veut montrer le courage, l’abnégation, le sacrifice et la vision que Jean Moulin avait de la France. Il évoque aussi la manière de résister à la barbarie et au machiavélisme de Barbie, aux tortures psychologiques comme physiques, afin de garder des secrets enfouis.

Le même acteur juge le film « très nécessaire », très lucide et très juste, sans tonalité romanesque. Ce jugement est le sien, et non celui d’un historien. AlloCiné décrit pour sa part un long métrage par moments brutal, qui met en avant la détermination dont Moulin a dû faire preuve et rend hommage à ce grand résistant.

Caméra de cinéma numérique montée sur un trépied professionnel en intérieur.
Caméra de cinéma numérique professionnelle préparée pour un tournage. Photo : dp singh Bhullar / Pexels

Lellouche, retour devant la caméra

Gilles Lellouche repasse devant la caméra deux ans après L’amour ouf, film qui a rencontré le succès. Il avait aussi joué dans Le crime du 3ème étage et dans La Vénus électrique. Avec Moulin, il se voit confier un rôle historique de grande ampleur, celui d’un résistant célèbre.

Il reconnaît la difficulté de l’entreprise : « J’étais effrayé à l’idée d’incarner cet homme. » Parmi ses motivations, il met en avant l’envie de collaborer avec Laszlo Nemes, dont Le Fils de Saul l’avait marqué et bouleversé. Cette admiration pour le réalisateur a donc compté dans sa décision d’accepter.

La présence du film en compétition à Cannes, avec une possible récompense d’interprétation pour son acteur principal, a précédé son arrivée en salles. Le scénario d’Olivier Demangel, la mise en scène de Nemes et l’interprétation de Lellouche forment ainsi le trio créatif mis en avant autour du projet.

Interrogé sur son acceptation du rôle, Lellouche explique qu’on dit oui tout de suite, puis qu’on pleure aussitôt après. Il s’interroge sur sa légitimité : il est un peu plus âgé que Moulin et ne lui ressemble guère physiquement. Il décrit pourtant un vertige mêlé d’un appel absolu à jouer ce rôle, nourri par l’admiration qu’il portait depuis toujours au résistant et par un devoir de mémoire.

Moulin et la prochaine cérémonie des César

AlloCiné indique que Moulin pourrait être nommé lors de la prochaine édition des César. Plusieurs autres films consacrés à la seconde guerre mondiale sont attendus dans cette course :

  • Notre salut, avec Swann Arlaud ;
  • Les rayons et les ombres, avec Jean Dujardin.

Pour replacer le contexte de la manifestation cannoise, Cineshow a consacré un article au festival de Cannes et aux cinéastes qui s’y retrouvent.

Photo : Uday Veeru / Pexels

Léo Santini

Sorties, critiques et actualité des films

Léo Santini

Léo Santini a étudié le cinéma à l'université, puis a travaillé comme assistant de production sur des séries tournées en région. Il écrit pour CineShow sur les séries et signe des critiques de films, en distinguant ce qui tient à l'écriture de ce qui tient à la mise en scène. Il regarde toujours le premier épisode d'une série deux fois avant d'en parler.