Le CNC revisite 80 ans de politique du cinéma, de Vichy à l’immersif

Du modèle de financement à la place de la salle, le colloque du CNC passe en revue huit décennies d’évolutions artistiques, industrielles et réglementaires.

Léo Santini Par Léo Santini
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Le CNC revisite 80 ans de politique du cinéma, de Vichy à l’immersif
Un homme en blouson de cuir se tient debout dans une salle sombre aux fauteuils rouges, évoquant l’univers d’une salle de cinéma.

En bref

  • Le colloque s’étend sur trois jours, avec conférences, grands entretiens et tables rondes.
  • Le premier jour traite de la création du CNC et de l’élargissement à l’audiovisuel.
  • Le deuxième jour couvre animation, jeu vidéo, création immersive et diversité culturelle.
  • Le troisième jour porte sur patrimoine, restauration et éducation aux images.

Du modèle français de financement à la place de la salle, le colloque organisé par le CNC passe en revue huit décennies d’évolutions artistiques, industrielles, technologiques et réglementaires, d’après le programme publié par le CNC. Il part de la genèse de l’institution pour aller jusqu’à l’essor de l’audiovisuel, de l’animation, du jeu vidéo et des œuvres immersives.

Les organisateurs y interrogent la construction du modèle français, l’exception et la diversité culturelles face à la mondialisation, ainsi que la création, le patrimoine, la transmission et l’éducation aux images. Pendant trois jours, historiens, chercheurs, artistes, professionnels et responsables publics croisent leurs regards à travers conférences, grands entretiens et tables rondes.

Jour 1 : de la « préhistoire » du CNC à l’audiovisuel

La première journée est consacrée à l’invention du CNC et à la reconstruction d’une industrie puissante. Elle suit le fil d’une matinée et d’un après-midi intitulé « le CNC, du grand au petit écran ».

  1. Catherine Pégard, ministre de la Culture, ouvre le colloque. Maryvonne de Saint Pulgent, présidente du Comité d’histoire du ministère de la Culture, en donne l’introduction.
  2. Pascal Ory, de l’Académie française, traite de « La « Préhistoire » du CNC : Front populaire et Vichy ». Guillaume Vernet et Dimitri Vezyroglou présentent « Les grandes dates du CNC ».
  3. « L’ingéniosité régulatrice au service de la souveraineté industrielle » est modérée par Laurent Creton, avec Françoise Benhamou, Christine Chevret-Castellani et Sylvie Robert, vice-présidente du Sénat et administratrice du CNC.
  4. Une table ronde sur la défense du cinéma en salle réunit notamment le cinéaste Arnaud Desplechin, Aurélie Delage (vice-présidente de la FNCF), Camille Labé et Alain Sussfeld, ancien directeur général d’UGC.
  5. L’élargissement des missions du CNC à l’audiovisuel rassemble notamment Simone Harari Baulieu, Alex Berger, Jérôme Clément (ancien directeur général du CNC, ancien président d’Arte) et Clémence Madeleine-Perdrillat.

Jour 2 : image animée, jeu vidéo et diversité culturelle

La matinée, « Extension du domaine de l’image animée », s’ouvre sur une conversation consacrée au CNC face aux révolutions technologiques, entre Laurence Allard et Alain Le Diberder. Une table ronde sur l’histoire de l’animation française suit, avec Jacques Bled, Florence Miailhe, Marc du Pontavice et Émilie Tronche.

Bobine de film en plastique clair avec pellicule sombre enroulée, vue de dessus sur fond gris uni.
Une bobine de film en plastique clair, avec sa pellicule enroulée, photographiée de dessus sur un fond uni. Photo : DiscoA340 / Wikimedia Commons

Deux présentations prolongent le thème : Olivier Mauco aborde la genèse d’une reconnaissance culturelle du jeu vidéo par l’action publique, et Jean-Michel Jarre se demande quelle politique publique accompagner pour la création immersive.

L’après-midi, « Diversité culturelle : de l’exception à la souveraineté », s’organise autour de plusieurs rendez-vous :

  • « Hollywood à la conquête du monde », par Nolwenn Mingant ;
  • la table ronde « Du GATT à l’UNESCO », avec Chris Marcich, Pascal Rogard et Jacques Toubon, ancien ministre de la Culture ;
  • une table ronde d’études de cas sur la manière dont d’autres pays ont composé avec la domination américaine, avec Arnaud Leveau, Paola Palma, Amanda Rueda et Ana Vinuela, sous la modération de Chloé Delaporte.

Jour 3 : patrimoine, éducation et clôture

La matinée, « Le CNC entre patrimoine et création », s’attache d’abord au CNC de Malraux. Une conférence de Frédéric Gimello-Mesplomb introduit une discussion avec les cinéastes Olivier Assayas, Amélie Bonnin et Rachid Hami, ainsi que la productrice Anne-Dominique Toussaint.

Vient ensuite la table ronde sur la conservation, la restauration et la transmission. Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes et directeur de l’Institut Lumière, y converse avec Antoine de Baecque. Frédéric Bonnaud, de la Cinémathèque française, et Béatrice de Pastre, du CNC, figurent parmi les intervenants.

L’après-midi, « Renouveler les publics, éduquer les regards », place l’éducation au cinéma et à l’image animée au centre. Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, introduit la discussion, modérée par N. T. Binh, avec notamment Bénédicte Lesage, membre du collège de l’Arcom.

La synthèse revient à Laurent Cotillon (Cine Group) et Olivia Gesbert (La Nouvelle Revue française). Gaëtan Bruel, président du CNC, clôt le colloque.

Photo : Tima Miroshnichenko / Pexels

Léo Santini

Sorties, critiques et actualité des films

Léo Santini

Léo Santini a étudié le cinéma à l'université, puis a travaillé comme assistant de production sur des séries tournées en région. Il écrit pour CineShow sur les séries et signe des critiques de films, en distinguant ce qui tient à l'écriture de ce qui tient à la mise en scène. Il regarde toujours le premier épisode d'une série deux fois avant d'en parler.