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Mostra de Venise : une lettre ouverte appelle à un boycott culturel d’Israël

À l’approche de la 83e Mostra de Venise, une lettre ouverte portée par Venice4Palestine demande au festival des mesures concrètes en soutien à la Palestine, ainsi qu’une révision de certains liens institutionnels.

Mostra de Venise : une lettre ouverte appelle à un boycott culturel d’Israël
Panoramic aerial view of Venice showcasing red rooftops, towers, and historic architecture under a cloudy sky. Cette photographie accompagne l’article « Mostra de Venise : une lettre ouverte appelle à un boycott culturel d’Israël ».

À l’approche de la 83e Mostra de Venise, une lettre ouverte signée par Annie Ernaux, Roger Waters et plusieurs personnalités du cinéma demande au festival de prendre des mesures concrètes en soutien à la Palestine. Porté par le collectif Venice4Palestine, le texte place le boycott culturel au centre de ses demandes et interroge les relations institutionnelles entretenues dans le cadre des échanges culturels.

En bref

  • La 83e Mostra de Venise doit se tenir du 2 au 12 septembre.
  • Annie Ernaux, Roger Waters, Nan Goldin, Céline Sciamma, Paul Laverty et Saleh Bakri comptent parmi les signataires cités.
  • La lettre réclame la suspension de certains accords institutionnels liés au gouvernement israélien.
  • Venice4Palestine demande aussi une transparence accrue sur les coopérations culturelles concernées.

La mobilisation intervient avant un rendez-vous important pour les actualités cinéma, puisque la Mostra doit se dérouler du 2 au 12 septembre. La lettre ne porte pas sur la sélection des œuvres. Elle formule plutôt plusieurs demandes relatives aux accords, aux financements et aux partenariats associés aux institutions culturelles.

Une lettre ouverte à quelques jours de l’ouverture

Selon i24NEWS, Annie Ernaux et Roger Waters ont signé cet appel avec plusieurs figures du secteur culturel. Parmi les autres noms cités figurent la photographe Nan Goldin, la réalisatrice Céline Sciamma, le scénariste Paul Laverty et l’acteur palestinien Saleh Bakri.

Le collectif Venice4Palestine demande à la Mostra de prendre des mesures concrètes en soutien à la Palestine. Il réclame également que des drapeaux palestiniens soient hissés dans l’enceinte du festival. Ces requêtes sont réunies dans une lettre ouverte diffusée à l’approche de l’événement, dont la programmation et les rencontres professionnelles attirent traditionnellement l’attention du monde du cinéma.

La présence de signatures issues de la littérature, de la musique, de la photographie, de la réalisation, de l’écriture et de l’interprétation donne à cette démarche une dimension qui dépasse les seuls métiers de la production. Pour autant, la lettre expose des demandes précises adressées à l’organisation de la Mostra, sans permettre d’en déduire une position commune de l’ensemble du secteur culturel.

Les Inrockuptibles rapporte également que Venice4Palestine demande au festival de déclarer publiquement son soutien à la Palestine. Le texte associe ainsi une prise de position attendue de la manifestation à des revendications qui concernent plus largement le cadre des coopérations culturelles.

Police officers in helmets and shields confronted by crowd of photographers.
Illustration de l’attention médiatique qui accompagne un festival de cinéma international. Source: Pexels. Attribution: Talha Güney. Licence: Pexels License.

Les accords et les financements au cœur des demandes

Le document demande notamment de suspendre les accords avec les organismes et institutions liés au gouvernement israélien. Cette formulation vise les relations institutionnelles évoquées par les signataires et inscrit l’appel dans le champ des échanges culturels, de leurs conditions d’organisation et de leur visibilité.

La lettre appelle aussi à davantage de transparence sur les financements, les coproductions, les distributions, les festivals et les partenariats. Ces différents volets dessinent un périmètre large. Ils concernent à la fois les modalités de coopération et les liens qui peuvent exister entre les institutions, les projets et les événements culturels.

Les signataires présentent le boycott culturel comme un moyen de pression sur les institutions. Leur demande s’inscrit dans une logique explicitement formulée dans la lettre, centrée sur les accords et les relations visés par le collectif. Elle ne permet pas, à elle seule, d’anticiper la réponse qui pourrait être apportée par la Mostra ni d’attribuer une orientation au festival.

La Mostra face à un débat culturel et institutionnel

La Mostra de Venise occupe une place particulière dans le calendrier international. Elle réunit films, artistes, producteurs, distributeurs, critiques et institutions dans un même espace de présentation et de circulation des œuvres. L’appel de Venice4Palestine rappelle que les grands festivals peuvent également être observés à travers leurs partenariats et les débats qui accompagnent leur tenue.

À quelques jours de l’ouverture de la 83e édition, la lettre fixe donc une série de revendications portant sur les relations institutionnelles et la transparence des coopérations. Elle met aussi en avant le souhait de voir des drapeaux palestiniens dans l’enceinte du festival. Les demandes des signataires constituent le cadre de cette intervention publique, sans préjuger de la suite qui pourrait leur être donnée.

Dans ce contexte, le débat ne se limite pas à la présence de personnalités connues parmi les signataires. Il porte sur la place que peuvent prendre les institutions culturelles dans des questions politiques, ainsi que sur les formes de coopération auxquelles les organisateurs d’un festival sont associés. La lettre de Venice4Palestine formule sa propre réponse à ces enjeux à l’approche du rendez-vous vénitien.

Photo à la une. Source: Pexels. Attribution: Sandra Filipe. Licence: Pexels License.

Bruno Charrier

À propos de la signature

Bruno Charrier

Bruno Charrier suit pour CineShow les axes « le cinéma » et « les sorties de films ». Ce périmètre s'inscrit dans la ligne du média, qui couvre le cinéma, les sorties de films et la culture de l’écran, avec un intérêt éditorial particulier pour « la culture de l’écran ». Ses articles privilégient une écriture factuelle qui distingue les annonces, les faits établis et l'analyse.