Antoine Blanchet, patron paternaliste, est-il vraiment un bon patron ?

Philippe de Chauveron transpose le film de Fernando León de Aranoa dans une fabrique familiale de balances, avec Catherine Frot aux côtés de Didier Bourdon.

Pauline Arnoux Par Pauline Arnoux
3 min de lecture
Antoine Blanchet, patron paternaliste, est-il vraiment un bon patron ?
Une balance ancienne sur un comptoir : une image d’illustration, sans lien avec Didier Bourdon ni le film Un bon patron, ce patron paternaliste étant absent de la photo.

En bref

  • Un bon patron arrive dans les salles françaises le 4 novembre.
  • Le film adapte El Buen Patrón, écrit et réalisé par Fernando León de Aranoa.
  • Didier Bourdon y incarne Antoine Blanchet, héritier d’une fabrique de balances.
  • Le récit se concentre sur quelques jours de crise, à la veille d’un prix d’excellence.

Le prochain film de Philippe de Chauveron est un remake assumé : Un bon patron reprend l’histoire d’El Buen Patrón, la comédie que Fernando León de Aranoa avait lui-même écrite et mise en scène. La version française confie le rôle principal à Didier Bourdon, entouré de Catherine Frot, Jean-François Cayrey, François Levantal et Ludmilla Von Claer. La bande-annonce, relayée par leblogtvnews.com, accompagne un synopsis qui pose clairement le cadre du récit, une entreprise industrielle de tradition familiale et un dirigeant qui croit tout contrôler.

Pour le public français, l’intérêt tient d’abord à cette passerelle entre deux cinématographies. Le scénario original vient d’un auteur espagnol, et la relecture est signée par un cinéaste dont les comédies visent le grand public. Le passage d’un pays à l’autre conserve le titre presque à l’identique, ce qui indique que la figure du patron reste au cœur de l’adaptation.

Antoine Blanchet, un héritier qui règne sur sa fabrique

Didier Bourdon prête ses traits à Antoine Blanchet. Le personnage n’a pas fondé l’entreprise qu’il dirige : il a hérité d’une fabrique de balances transmise de génération en génération. Ce détail compte, car la balance renvoie à la mesure, à l’équilibre, à la précision, autant de qualités dont le héros se veut le garant dans son usine.

Le synopsis définit sa façon de gouverner en deux adjectifs, paternaliste et autoritaire. Blanchet veille sur ses salariés comme sur une famille, mais il entend garder seul la main sur toutes les décisions. Le titre lui-même joue de cette ambiguïté, puisque le texte de présentation se clôt en se demandant s’il s’agit vraiment d’un « bon patron ».

Le moteur comique tient à une échéance. L’usine doit être récompensée par un prix d’excellence, et c’est précisément la veille de cette distinction que la machine se grippe. Blanchet doit alors redresser la situation dans l’urgence tout en préservant l’ordre de son petit monde soigneusement réglé, une contrainte qui place le personnage sous pression permanente.

Les ennuis qui s’accumulent en quelques jours

Le récit ne s’étale pas sur des mois. Selon le synopsis, tout menace de basculer en un laps de temps très court, et les difficultés surgissent de plusieurs côtés à la fois :

  • un ancien salarié licencié installe son campement face à l’usine et fait entendre sa colère sans retenue ;
  • un contremaître, trompé par son épouse, perd pied au point de fragiliser la production ;
  • une stagiaire au charme irrésistible trouble l’attention de plusieurs membres de l’entreprise.

Ces trois fronts mêlent le social, l’intime et le désir, et chacun vient mettre à l’épreuve la méthode de Blanchet. La comédie repose ainsi sur un contraste simple : un dirigeant attaché à l’image d’une maison bien tenue, face à des événements qui échappent à son autorité au moment où il voudrait offrir le meilleur visage de son entreprise.

Ce découpage concerne la trame présentée avant la sortie ; la manière dont Philippe de Chauveron résout ces conflits, et l’écart éventuel avec le dénouement du film de Fernando León de Aranoa, ne se jugeront qu’en salle. Le film y est attendu à partir du 4 novembre.

Photo : cottonbro studio / Pexels